“Make sure that the analyst in you maintains a constant dialogue with the decision-maker and the actor in you”

Un Power Point, c’est comme un diplôme de Harvard : ça te permet d’inscrire un joli nom sur ton CV. Ici : analyste.

Vous êtes devant votre ordinateur et on vous demande un énième Power Point.  Vous vous demandez : “Mais pourquoi ?!”

Comme vous, j’ai cherché la réponse et je l’ai trouvée. Je l’ai cherché car, pour paraphraser Hannah Arendt : “L’essentiel pour moi, c’est de comprendre. Je dois comprendre.”

Faire des Power Point, c’est utile

Oui, on passe des heures devant notre Power Point. On le regarde tellement qu’on en vient à l’aimer. Mais, attendez, pour qui on l’aime déjà

Et pour qui ? Pour César !

Darmon Gérard, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre.

Qu’il les lise ou non, peu importe.Qui sait ? Il pourrait les lire à sa compagne comme on raconte une histoire à un enfant

“O lis moi ça chérie : Selon la dernière étude de l’OMC, le commerce mondiale connaîtra une croissance exponentielle : + 43 % en un an.

Tout comme toi cette nouvelle me bouleverse. Je ne sais pas si je pourrai dormir après avoir appris ça.

Votre supérieur à sa femme, Confidences sur l’oreiller. Editions Bafouilles quotidiennes.

Après réflexion, c’est improbable. Bref, vous aimez vos Power Point, et vous devriez vous battre pour que votre supérieur les aime aussi. Pour cela, considérez votre PP comme une mine d’information dans laquelle le manager pioche à souhait.

Vu sous cet angle, vous devenez… un analyste. Ce terme recouvre tout et n’importe quoi, mais c’est mieux que “stagiaire” ou “apprenti”. Analyste God Damn ! Vous scannez le web, vous compilez des données et vous les transmettez à votre supérieur. Edward Snowden faisait la même chose. Ca s’est mal terminé mais n’y pensez pas.

Et voilà une première réponse au “Pourquoi ?”

Parce que faire des Power Point fait de vous un analyste

Oui c’est un peu léger comme argument. Mais attendez de voir la suite.

Analyste aujourd’hui, Acteur demain ?

Le principe est simple et logique. En créant votre Power Point, vous avez pensé à tout : les idées, les images, les couleurs, et même le petit pied-de-page, parce que c’est joli.

Mais c’est trop gentil : Muscle ton jeu Robert. Prend tout ce que tu sais maintenant, fais-en un plan d’attaque et bouge toi. Autrement dit : deviens ton propre manager et fais de tes idées des projets concrets.

Ô oui, vous pourrez sortir de votre fauteil (pour les plus heureux), de votre tabouret (pour les plus malchanceux) ou de votre strapontin (pour la plupart) .

Avec vos Power Point, vous aviez le droit de regarder le théâtre de l’action de votre entreprise. Vous assistiez aux débats, prises de décisions, séminaires. Et entre nous, c’est plutôt confortable. Mais maintenant, avec ce principe dans le crâne, vous avez un ticket pour monter sur scène.

D’où la deuxième réponse au “Pourquoi ?”

Faire des Power Point pour être sur scène (et peut-être y mourir. Molière RPZ)

 

Ahlala, peut-être que dans 1 semaine, vous serez à la tête d’une équipe de 300 analystes (et de leur Power Point). Enfin vous pourrez crier au bar :

“God Damn. Hier, j’étais stagiaire. Ce matin je suis analyste. Ce midi je suis acteur. Qui sait ce que je deviendrai ce soir ?”

god-damn

Jeanne Pinte (ci-dessus), Bafouille sur le coin du zinc. Editions Commer’age entre potes.

Et si ça suffit pas et qu’un con pas encore mis sur orbite vient vous demander ce que vous faites ici vous pourrez lui répondre: je fais. Point final. Fermez les rideaux.